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Biographie de  VICTOR BOUCHON (résistant , déporté )

 

Etat civil :

Né le 27 novembre 1901 à la Machine dans la Nièvre, fils de Léonard Joseph BOUCHON et d'Eugénie NARQUIN.

Il suit des études jusqu'au brevet, se destinant à l'enseignement. Mais, il part à PARIS au début des années 30 pour rentrer chez le constructeur automobile Panhard. Il prend des cours de mécanique à l'école des ARTS ET METIERS. Il démissionne suite à des problèmes avec ses supérieurs, pour devenir chauffeur de taxi. Il quitte PARIS et s'installe à SAINT POURCAIN SUR SIOULE en 1933, où il devient libraire.

Victor BOUCHON se marie en 1924 à la Machine avec Suzanne GIRARD avec laquelle il aura deux enfants (Marc et André).

Idées politiques et humanistes

Socialiste militant / franc-maçon à la loge équerre de MOULINS / Victor BOUCHON s'est investi dans l'accueil des réfugiés politiques durant la guerre d'Espagne.

Distinctions honorifiques :

Croix de guerre, Médaille militaire, médaille de la résistance lui furent décernées à titre posthume.

Résistance :

Victor BOUCHON est incorporé en 1939, au grade de Maréchal des logis dans la 2° compagnie d'artillerie de Clermont-Fd. Il est démobilisé le 17 juillet 1940. Rentré dans ses foyers à St Pourçain, il fait immédiatement œuvre de résistance (actions clandestines où il distribue tracs et journaux).

Victor BOUCHON, secrétaire de la section socialiste est contacté par l'organisation clandestine de son parti, et adhère au mois d'avril 1942 au mouvement « LIBERATION », où il devient le responsable local de l'organisation. Il s'occupe du recrutement des différents membres, en vue de la formation de la compagnie FFI et assure les liaisons nécessaires entre le commandement militaire départemental, les centres de Vichy, Montluçon, Moulins et les divers maquis de la région (Mayet de Montagne, Bellenaves, Gannat, Chantelle et du Camp "Henri BARBUSSE"

Il participe à l'élaboration de toute l'action clandestine de résistance de la région (liaisons, transports, parachutages d'armes et de munitions, préparation de sabotages, surveillance des dépôts allemands de Saint Loup et de Bayet (munitions) et Marcenat (essence). En juin, les premiers membres du maquis sont arrêtés à Saint Loup (Bonnet, Gay, Baron, Cérini). En septembre 1943, il participe à une expédition afin de capturer Von Abetz (haut responsable de l'Allemagne en France auprès de Pétain) escorté par le préfet et la milice à Saint Priest en Murat.

Il est présent aussi lors des coupures de la voie ferrée à Bayet et Moulins en janvier 1944, et lors de la démolition de la route nationale 9 à l'étang de Bassin prenant lui-même la direction de toutes les opérations. Il est nommé adjudant-chef puis lieutenant de la compagnie FFI.

La chute…

Victor Bouchon est arrêté, après dénonciation, par la gestapo le 21 mars 1944 à 6 heures du matin, à son domicile rue d'Alsace Lorraine, ainsi que son épouse et son fils André. D'autres membres de l'organisation sont également arrêtés,(Pelletier père et fils ses adjoints, Lamoine, Chemin, James, Batisse, Raynaud, Mme Roussat, Freydaise, Boudonnat, Guthe, Campron, Bathelet et Lacroix).

Ils sont conduits par la gestapo allemande à l'ancien asile de vieillards de Saint Pourçain, devenu siège de la felgendarmerie où ils sont torturés, puis déférés dans la soirée à la prison de la Mal Coiffée à Moulins (ancien château des ducs de Bourbon, devenu prison allemande sous l'occupation) où ils subissent de nouveaux interrogatoires difficiles et violents. Seuls, Mme Bouchon et son fils seront libérés. Victor Bouchon, sommé de s'expliquer sur les preuves de son activité trouvées à son domicile, quoique sévèrement torturé, n'a rien dévoilé de l'organisation locale, donnant à ses camarades arrêtés après lui, l'exemple d'un sacrifice total.

Tous ces prisonniers restent enfermés dans cette prison jusqu'au 1er mai vers 1 heure du matin. Ce jour-là, ils sont réunis dans la cour de prison, enchaînés et à 3 heures, en gare de Moulins, ils sont transférés au camp de Royallieu à Compiègne  dans l'Oise dans l'Oise Compiègne  dans l'Oise, camp de transit.

Puis le 12 mai 1944, vers 5 heures du matin, ils sont conduits, avec d'autres prisonniers, à la gare de Compiègne où, entassés dans des wagon à bestiaux (100 à 120 par wagon). Ils passent trois jours et deux nuits sans boire ni manger pour rejoindre le camp de BUCHENWALD où ils arrivent le 14 mai 1944.

Victor BOUCHON est admis avec messieurs Pelletier père et fils au block 17, sous le numéro de matricule 52138.

Ils sont transférés le 05 juin 1944 au camp d'ELLRICH, affectés au travail de la construction du tunnel sous la montagne reliant ELLRICH à DORA, puis affectés ensuite à GUNZERODE pour participer à la construction d'une ligne de chemin de fer.

Mais l'Allemagne connaît plusieurs défaites et les Alliés se font de plus en plus menaçants. Après un premier bombardement du camp, on peut en effet espérer une libération imminente par les Alliés. Malheureusement Hitler donne l'ordre d'exterminer tous les détenus pour cacher la monstruosité des crimes commis.

Le 06 avril 1945, Victor BOUCHON, Arsène et Daniel PELLETIER sont évacués avec 2 500 autres prisonniers dans un train pour les conduire au camp d'extermination de BERGEN-BELSEN. Le convoi est bombardé par les alliés, ce qui oblige les chefs allemands à trouver une autre solution et dans la panique les SS commettent des exterminations massives. Les détenus descendent à plusieurs lieux de la gare de MIETZE ou MIESTE /MUSTE pour une « marche de la mort » jusqu'à GARDELEGEN.

D'après le témoignage de Monsieur Raphael LASSANDRE, qui a échappé à la mort, Victor BOUCHON et les PELLETIER, qui se trouvaient à l'arrière de la colonne, ont été fusillés le 11 ou 13 avril 1945. Les derniers survivants sont brûlés dans une grange de GARDELEGEN.

Les trois indicateurs au service de la gestapo, qui avaient dénoncé Victor BOUCHON et ses amis, ont été fusillés en septembre 1944 dans la forêt de Marcenat par les FFI de Saint-Pourçain.

Informations recueillies en Décembre 2012 par Jacky CARTOUX et Christian BERTRAND, respectivement Président et Secrétaire du Comité ANACR de St-Pourçain , auprès de la petite fille de Victor BOUCHON, Mme Agnès BOUCHON, actuellement à Saint Pourçain sur Sioule.

 

                    
     

 

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